Investir dans un morceau d'histoire
TEXTE : STEFANIE GERBER ; IMAGE : VIKTOR BAUMANN
L'île Saint-Pierre sur le lac de Bienne n'est pas seulement un lieu d'excursion très apprécié ; elle abrite aussi un bâtiment historique unique en son genre, un ancien monastère devenu un hôtel. Pour que l'hôtel puisse être exploité de manière rentable toute l'année, des investissements importants sont toutefois nécessaires. Depuis le 1er janvier 2025, l'exploitation de l'établissement est entre les mains de la société anonyme Swiss Design Collection, qui gère plusieurs autres hôtels-boutiques. Les votantes et votants bourgeois devront se prononcer sur ces investissements lors du vote aux urnes du 1er juillet 2026.
Les origines du bâtiment monastique remontent au 12e siècle, celles de l'hôtel sous sa forme actuelle remontent au 19e siècle. L'établissement est une destination de prédilection depuis des décennies, aussi bien parmis les touristes journaliers que parmis les couples en lune de miel ou les participants à des séminaires. L'infrastructure subit cependant l'usure du temps : les installations techniques ont besoin d'être rénovées, l'enveloppe du bâtiment est insuffisamment isolée et les 14 chambres que compte actuellement l'hôtel ne suffisent pas à rentabiliser l'exploitation.
Une modernisation complète
La transformation prévue permettra d'augmenter le nombre de chambres à 33. À cet effet, la Commune bourgeoise de Berne fera réaménager les anciennes chambres du personnel dans les combles. En même temps, elle fera isoler la toiture et mettre les fenêtres et les installations techniques aux normes actuelles. Les salles d'eau de toutes les chambres ainsi que les toilettes publiques seront également modernisées. Un petit espace bien-être verra en outre le jour dans la maison du maître vigneron.
Une attention particulière sera portée à la pièce la plus célèbre de la maison : la chambre dans laquelle Jean-Jacques Rousseau a séjourné durant son exil en 1765. La Commune bourgeoise de Berne fera rafraîchir la pièce tout en la préservant. À l'avenir, elle continuera à servir de salle de mariage et de lieu où l'Histoire revit. Au total, la Commune bourgeoise demande à ses membres d'approuver un crédit d'engagement de 9,2 millions de francs. Outre les coûts de construction, ce crédit couvrira des contributions au nouvel inventaire hôtelier ainsi qu'à l'achat d'un bateau-taxi moderne pour l'île, qui devrait faciliter les déplacements entre Cerlier et l'île. Les travaux sont prévus de septembre 2026 au printemps 2027.