Quand des perspectives différentes se rencontrent
TEXTE : ANNELI REINHARD ; IMAGES : LEA MOSER
Difficile de ne pas voir les affiches de l'exposition HILFE, ICH ERBE ! (AIDE, J'HERITERAIS !) dans la ville. Depuis novembre 2024, des personnes de tous âges et de tous horizons se retrouvent à la Maison des générations de Berne pour discuter du thème de l'héritage. Le thème a été développé par une équipe de conception composée de quatre personnes. La particularité de cette équipe : Nadine Inhelder, Michael Fässler, Kathrin Gschwend et Andrea Hipp (qui était absente lors de la rencontre) assument ensemble la responsabilité de l'exposition et de son programme-cadre.
Se compléter mutuellement
"Dès le début, il était clair pour nous que nous voulions travailler de manière collaborative afin d'apporter davantage de perspectives à nos projets", explique Nadine Inhelder, qui a repris la codirection de l'équipe du programme en 2022 avec Michael Fässler et Andrea Hipp. En fait, chacun et chacune apporte des expériences très différentes, issues de la psychologie, du journalisme, du design ou des sciences humaines, qui se complètent très bien. "Ce qui nous unit, c'est notre enthousiasme pour les thèmes pertinents pour la société", souligne Nadine Inhelder.
La collaboration avec une répartition fluide des rôles permet certes de varier les plaisirs, mais demande aussi plus de temps pour se concerter. C'est justement dans les périodes plus intenses que les responsabilités doivent être partagées : "On ne peut pas toujours discuter de tout ensemble", remarque Kathrin Gschwend, qui se concentre sur l'exploitation de l'exposition et l'encadrement des bénévoles et de l'équipe de la caisse. "Il faut de bonnes structures et de la discipline pour s'y tenir", approuve Michael Fässler. Concrètement, cela signifie plus de documentation et de mises à jour, ce qui a aussi un côté très positif : Grâce à une bonne communication, tout le monde peut prendre le relais de tout le monde lorsque d'autres tâches sont prioritaires. "La Maison des générations de Berne organise un programme de manifestations varié parallèlement à l'exposition, et en même temps, le café-bar et les offres de toutes les institutions doivent fonctionner", explique Nadine Inhelder. Mais c'est justement la diversité qui rend le travail passionnant, ajoute Kathrin Gschwend.
Responsabilité partagée
Comment se présente donc le travail collaboratif sur un thème ? "Nous sommes quatre à être responsables de la conception. Cela comprend entre autres le choix des thèmes, le développement du contenu de l'exposition, la conception du programme-cadre ainsi que le suivi de l'exposition et une partie du travail médiatique", explique Nadine Inhelder. Au début, l'équipe travaille en étroite collaboration. Dès que la mise en œuvre commence et que davantage de personnes sont impliquées, les rôles se répartissent. "Au début, nous nous asseyons ensemble pendant de longs blocs de temps et étudions toutes sortes de sujets. C'est un énorme privilège de pouvoir travailler aussi librement", dit Kathrin Gschwend en souriant. Au début, il y a beaucoup de choses à décider, mais plus le projet se concrétise, plus les tâches se répartissent sur l'ensemble de l'équipe : "Par exemple, Kathrin se charge de l'organisation de l'entreprise, Nadine des demandes pour le programme-cadre, j'écris les textes d'exposition...", explique Michael Fässler. "Mais nous essayons toujours de conserver un principe de quatre, voire six yeux, et de partager les responsabilités".
Faire bouger les choses
Tous semblent apprécier cette méthode de travail. Qu'est-ce qu'ils trouvent particulièrement motivant dans leur travail ? Pour Nadine Inhelder, c'est la diversité du public : "Nous avons le privilège de travailler sur le fond, avec pour objectif de promouvoir la cohésion sociale. En tant qu'équipe, nous poursuivons quelque chose d'utile" L'écho du projet à travers les contributions des médias et les réactions directes des visiteurs dans le livre d'or sont également une grande motivation : "On remarque que nous pouvons inspirer les gens et les changer un peu. Par exemple, quelqu'un aura peut-être une discussion importante avec un membre de sa famille sur l'héritage après avoir visité l'exposition", ajoute Michael Fässler. "C'est incroyablement enrichissant de choisir des thèmes qui préoccupent la société et de pouvoir développer des projets aussi librement à ce sujet", souligne Kathrin Gschwend. Il ne faut pas non plus sous-estimer le soutien et la confiance de toute l'équipe et de la Commission, ajoute-t-elle.
Ainsi, la méthode de travail convient également à l'institution : dans une maison ouverte à tous, il est judicieux d'intégrer dès le départ plusieurs perspectives, estime Nadine Inhelder. En effet, l'équipe ne se contente pas de se concentrer sur le thème, mais se demande aussi toujours ce qui est nécessaire à la qualité de séjour des visiteurs. L'équipe du programme diffuse cette culture de l'accueil - et réfléchit déjà au prochain thème.