Nadja Glarner – entre ce qui est perdu et ce qui est conservé
TEXTE : PATRIZIA JAEGGI ; IMAGE : MARTIN GRASSL
Avec le plus grand soin, Nadja Glarner glisse un manuscrit historique au milieu de la table : le testament d’une femme noble du XVIe siècle, originaire du canton de Vaud. Les lettres sont à peine déchiffrables pour les profanes, mais pas pour Nadja Glarner. Elle a toujours aimé l’histoire, raison pour laquelle elle a décidé de l’étudier en se concentrant sur le Moyen Âge et les temps modernes. Après ses études, elle a effectué un stage aux Archives de l’histoire rurale, qui lui a permis d’y obtenir un poste fixe, puis de travailler pour une entreprise privée de services d’archives.
Son projet à la Bibliothèque de la Commune bourgeoise de Berne dure deux ans. En fait, Nadja Glarner n’est pas une collaboratrice typique. La Bibliothèque de la Commune bourgeoise de Berne attribue normalement les postes comme le sien à des personnes ayant terminé leurs études, ce qui leur permet d’entrer de manière optimale dans la vie active. Le projet de mise en valeur actuel comprend toutefois des documents exigeants et particulièrement anciens. La formation de Nadja Glarner et son expérience professionnelle antérieure constituaient donc des atouts majeurs. La précision et l’efficacité sont extrêmement importantes dans son travail. Nadja a donc deux ans pour mettre en valeur les fonds familiaux des familles bourgeoises von Mülinen et von Tavel.
La tâche de Nadja Glarner consiste à saisir les métadonnées des documents dans le catalogue des archives, à décrire leur contenu et à contrôler leur état de conservation. Les documents sont ensuite archivés dans des emballages sans acide. La mise en valeur des fonds permet de les rendre accessibles au public. Mais Nadja Glarner ne s’arrête pas là, car elle n’en a pas encore marre d’étudier. En plus de son poste actuel, elle suit des études postgrades d’archiviste scientifique. « La combinaison du travail et des études est parfaite. De plus, ce poste est unique, car les dossiers à traiter sont particulièrement anciens et intéressants. » Pour l’historienne, les documents ressemblent à une machine à remonter le temps, puisqu’ils la projettent dans le monde et l’époque dont ils sont issus. « Je suis fascinée par le fait d’être probablement la première ou la deuxième personne à avoir ce testament entre les mains. »