Lukas Rüber – sous le signe du poisson

Dès l’âge de 10 ans, Lukas Rüber a élevé des poissons combattants siamois. Il a dévoré des livres sur ces animaux et des revues d’aquariophilie. Aujourd'hui, il travaille comme conservateur en ichtyologie au Musée d’histoire naturelle de Berne.

Portraits des collaborateurs Monde du travail
Portrait de Lukas Rüber

TEXTE : CÉLINE LEIMER ; IMAGE : NELLY RODRIGUEZ

Après des études de biologie, Lukas Rüber s’est définitivement spécialisé dans les poissons avec sa thèse de doctorat. Au cours des vingt années qui ont suivi, il a enchaîné différents séjours professionnels à l’étranger, notamment au Museo Nacional de Ciencias Naturales de Madrid ou au Natural History Museum de Londres. Aujourd’hui, il travaille comme conservateur en ichtyologie au Musée d’histoire naturelle de Berne, où il s’occupe principalement de la collection scientifique des poissons et effectue des recherches.

En tant que spécialiste de la recherche sur la diversité des poissons d’eau douce, Lukas Rüber a déjà participé à de nombreux projets en Asie du Sud et du Sud-Est. Il se sent obligé de documenter les espèces animales menacées pour les générations futures. En effet, sur les dix millions d’espèces végétales et animales existantes, selon les estimations, seules deux millions environ sont documentées, tandis que des espèces jamais décrites auparavant disparaissent chaque jour. C’est surtout le travail sur le terrain qui fascine Lukas Rüber. Il y a vécu des expériences inoubliables, comme lorsqu’après une longue recherche en Asie du Sud-Est, il a réussi à attraper dans son filet le plus petit poisson du monde (qui ne mesure qu’environ 8 mm), le tardigrade des forêts marécageuses.

La Suisse, un haut lieu de la diversité des espèces de poissons

Lukas Rüber participe également au « Projet Lac » de l’institut de recherche sur l’eau Eawag, qui étudie la diversité et fait l’inventaire des poissons d’eau douce dans 35 lacs suisses. « Dans le cadre du “Projet Lac”, nous avons par exemple constaté que tous les lacs comptent étonnamment différentes espèces de corégones », explique Lukas Rüber, « car elles s’y sont développées individuellement après la période glaciaire. »

Actuellement, 126 espèces de poissons indigènes au total sont recensées en Suisse. Accueillant près de 20 % des espèces de poissons connues en Europe, la Suisse est un haut lieu de diversité. Comme près de la moitié des espèces indigènes sont menacées d’extinction, il est extrêmement important d’en savoir plus sur l’évolution de la diversité des poissons d’eau douce de notre pays, pour avoir une base pour leur pêche future, mais aussi pour comprendre les conséquences du changement climatique et de la pollution des eaux.

À côté du travail, Lukas Rüber aime passer du temps avec sa famille, randonner, voyager et, sans surprise, faire de la plongée sous-marine et en apnée.

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