Jeune, mais pas que !

C'est partout la même chose : les associations villageoises, les clubs sportifs ou encore les organes politiques ont besoin de nouvelles recrues pour assurer la relève. Il y a quelques mois encore, Valérie Sprenger était le plus jeune membre du Grand Conseil bourgeoisial. Motivation, objectifs et déformation professionnelle : elle se confie.

Commune
Portrait de Valérie Sprenger

TEXTE : Pascal Mathis PHOTO : Céline Fischer

Vous êtes membre du Grand Conseil bourgeoisial et de la Commission de la culture, acive au sein du conseil de la Jeune Bourgeoisie de Berne, et vous faites partie du conseil d'administration du Burgerverband (comité des bourgeois). Qu'est-ce qui vous a conduit à vous engager autant ?
C'est venu naturellement et très simplement. Il y a un peu plus de cinq ans, la commission et le conseil de la Jeune Bourgeoisie de Berne ont été créés pour les jeunes bourgeoises et bourgeois. J'ai tout de suite voulu participer. Plus tard, on m'a proposé de rejoindre la Commission de la culture, et puis j'ai été élue au Grand Conseil bourgeoisial. Tout est venu petit à petit.

Cela sonne comme une charge de travail conséquente...
C'est sûr, il manque souvent des heures dans mes journées ! (rires) Il m'arrive de passer à côté de certaines choses dans ma vie, même si je ne travaille qu'à 70 % en tant qu'historienne de l'art. Mais je me rattrape dans les périodes plus tranquilles.

Qu'est-ce qui vous motive à assumer toutes ces fonctions ?
Au sein du Grand Conseil bourgeoisial, il a toujours été important pour moi de donner une voix aux jeunes. J'ai rapidement constaté que cela me plaisait et que je pouvais faire bouger les choses. Mon engagement au sein de la Commission de la culture est le résultat de ma passion et de ma profession. Bref, c'est un énorme privilège pour moi de pouvoir participer et aider.

À quoi ressemble le travail au sein du Grand Conseil bourgeoisial ?
C'est un travail parlementaire classique : on lit beaucoup de documents, on échange avec tout autant de personnes et on se consulte entre nous. Quand on fait aussi partie d'une commission, comme moi, on y prend des décisions qui sont ensuite soumises au Grand Conseil. Je suis par exemple responsable des accords de contribution avec la Fondation bernoise des monuments historiques, la Fondation de la Collégiale de Berne (Berner Münster) et l'Orchestre de chambre de Berne. Le vrai travail s'effectue en amont des réunions du conseil, au sein des associations et des commissions. Les débats sont rares lors des sessions du Grand Conseil. Le fonctionnement est similaire à celui du Parlement national : les débats ont surtout lieu au sein des commissions thématiques.

Devez-vous souvent expliquer ou justifier vos nombreux engagements auprès de votre entourage ?
Non, pas du tout. Mais c'est sans doute de la déformation professionnelle : les personnes qui travaillent dans la culture donnent presque toujours plus que ce qu'elles ont. On veut que la culture vive. C'est pourquoi cela ne choque pas ; mon cercle d'amis y est habitué.

Et vous faites tout cela bénévolement. Vous devez justifier au moins cela auprès de vos amis, non ?
Oui, dans ma tranche d'âge, c'est plutôt l'exception. Je le remarque chez mes amis non bourgeois, dont très peu sont actifs dans une association. Le bénévolat exige un certain engagement. Je sais que c'est un cliché de dire que la génération Z n'a plus envie de s'engager, mais c'est malheureusement souvent vrai.

Mais pas pour vous ?
Je tiens volontiers mes engagements parce que cela me plaît. Ce que je fais pour la Commune bourgeoise ne me fait pas seulement avancer personnellement, mais apporte aussi quelque chose aux autres. « Pour le bien commun », comme on dit.

Vous avez été élue pour représenter les jeunes. À quel point votre âge est-il un sujet de discussion au Grand Conseil ?
Mon âge n'y a aucune importance. Je ne suis pas « la jeune », et c'est agréable. Tout le monde me respecte – sans doute aussi grâce à mes engagements antérieurs. Mais j'admets que j'étais nerveuse lors de ma toute première séance, car je ne savais pas ce qui m'attendait en tant que plus jeune membre du conseil.
 

Avez-vous un objectif à plus long terme au sein du Grand Conseil ?
Je n'ai pas d'objectif global qui devrait être réalisé dans 10 ans, par exemple. Je suis heureuse qu'on veuille de moi et j'ai du plaisir à participer. Le jour où cela changera, il sera temps d'arrêter. Je ne veux pas être cette personne qui s'accroche à tout prix ! (rires)

À propos de Valerie Sprenger

Née en 1998, l'historienne de l'art et politologue est membre du Grand Conseil bourgeoisial depuis l'été 2023. Elle détient l'un des deux sièges qui reviennent à la Jeune bourgeoisie de Berne (JuBu). Fin 2024, l'âge moyen au sein du parlement de la Commune bourgeoise de Berne était d'environ 53 ans.

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