Plus à l’écoute que les autres banques

Depuis l’été 2020, Sacha Ammann est à la tête de la DC Bank. Le président de la direction ne manque pas de nouvelles idées pour préparer cette ancienne institution à l’avenir. Le banquier bernois s’exprime sur la considération, les erreurs assumées, la discrétion et la croissance grâce à une clientèle satisfaite.

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[Translate to Französisch:] Porträt von Sacha Ammann

TEXT: PASCAL MATHIS; BILD: ZVG

MEDAILLON : Sacha Ammann, les fameux « 100 jours » dans vos nouvelles fonctions sont désormais derrière vous. Vous êtes-vous bien adapté à votre nouveau poste ?
SACHA AMMANN : Oui et non. (rires) Heureusement, tout n’est pas nouveau, puisque je suis là depuis neuf ans déjà. Mais bien sûr, cette nouvelle fonction s’accompagne d’une multitude de tâches supplémentaires. Nous avons délibérément profité de ce remaniement au sein de la direction pour orienter notre organisation vers l’avenir. Bernhard Ziörjen, Jan Streit et moi-même souhaitons renforcer la banque en ce qui concerne le marché, la numérisation, la technologie et la réglementation. Nous ne sommes pas encore tout à fait à la hauteur dans tous les domaines.

Quelle est votre priorité absolue ?
J’ai délibérément commis une erreur de gestion : j’ai pris comme modèle le triangle magique « stratégie-structure-culture », mais contrairement à ce que préconisent les manuels, j’ai commencé par la fin, car je souhaite mettre les collaborateurs et collaboratrices au cœur de nos préoccupations. Nous avons par exemple réaménagé une terrasse et une cour intérieure qui était très peu utilisée. Ces espaces de convivialité créent du lien, favorisent les échanges et renforcent l’estime mutuelle. Ils constituent la base de nos succès communs.

Quels sont les objectifs – éventuellement nouveaux – de la DC Bank ?
Nous bénéficions d’une excellente position de départ, ne serait-ce que grâce à notre forme juridique unique en tant qu’établissement de droit public dépendant de la Commune bourgeoise de Berne. La DC Bank se veut délibérément différente des 245 autres banques de Suisse. Nous occupons un créneau spécifique et souhaitons devenir une « boutique » de premier plan auprès de la clientèle privée.

Quand on se promène dans les rues de Berne, on remarque d’autres banques bien plus tape-à-l’œil. Pourquoi votre banque reste-t-elle « discrète » ?
C’est voulu ! Les Suisses n’aiment pas parler d’argent. C’est pourquoi je trouve qu’il serait quelque peu présomptueux, pour une banque, d’être très présente sur la scène publique. Notre devise est la suivante : plus une banque est discrète et modeste, mieux c’est.

Alors comment votre banque attire-t-elle de nouveaux clients et de nouvelles clientes ?
Heureusement, nous vivons en grande partie grâce aux recommandations de notre clientèle. C’est notre plus grand atout. Cela montre que nous travaillons bien. C’est pourquoi nous souhaitons tout particulièrement entretenir et développer notre relation avec notre clientèle actuelle, plutôt que de nous focaliser sur la conquête de nouveaux clients et de nouvelles clientes. Nous recherchons le contact personnel, travaillons délibérément avec du papier et un stylo, esquissons et dessinons. Nous tâchons d’être plus à l’écoute au lieu de garder le regard rivé sur un ordinateur et de perdre le contact les uns avec les autres. Ce n’est qu’ensuite que les outils numériques entrent en jeu, contribuant surtout en coulisses à faire avancer la banque.

Coronavirus, taux d’intérêt négatifs, concurrence : où en est la DC Bank actuellement ?
Pour l’instant, très bien en fait. Bien sûr, les taux d’intérêt négatifs font transpirer toutes les banques, et le coronavirus a entraîné certains coûts. Nous allons clore l’exercice avec un résultat d’environ 10 % inférieur au budget. Je trouve ce résultat plus que solide en comparaison avec d’autres banques.

Pour conclure : la Commune bourgeoise de Berne a-t-elle encore besoin de sa propre banque ?
On en est toujours revenu à la conclusion qu’il était bon qu’une banque en fasse partie. Oui, nous sommes un cas à part, mais un parmi tant d’autres à la Commune bourgeoise de Berne. Celle-ci est un mélange hétéroclite, et j’apprécie beaucoup cette diversité. C’est un peu comme un mélange de noix : une noisette, c’est bon, un raisin sec aussi, mais ce n’est qu’en prenant une bonne poignée de tout que la magie opère.

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