Daniel Struchen – un accompagnant socioprofessionnel qui aimerait être un grain d’épeautre
TEXTE : NORA SCHWEIZER / IMAGE : MARTIN GRASSL
Si Daniel Struchen pouvait être un grain, il serait un grain d’épeautre. Car dans le cas de l’épeautre, il est plus difficile de séparer le grain de son enveloppe. Il faut pour cela une étape supplémentaire, ce qui fait de la céréale un grain précieux. Loin de la vie trépidante de la ville, le moulin Schönenbühl se situe depuis le 16e siècle dans un hameau de Kriechenwil, à la frontière entre les cantons de Berne et de Fribourg. Des jeunes ficèlent des sacs de farine de 25 kilos, d’autres nettoient les grains de céréales des restes de terre ou aident à préparer les repas pour toute l’équipe. Au moulin, le projet d’intégration professionnelle du SORA vise à rapprocher du monde du travail réel les jeunes qui ont des difficultés à y accéder. Contrairement à d’autres jeunes du même âge, ils traînent un lourd bagage d’expériences de vie difficiles. Daniel Struchen et deux autres membres de l’équipe sont chargés de la direction du projet.
Ce meunier et technicien en meunerie de formation s’y connaît aussi en social. Alors qu’il était directeur du moulin Wegmühle à Bolligen, il a côtoyé des personnes très différentes, qui recouraient à l’aide à l’intégration professionnelle en raison de difficultés en français, de manque de formation ou de difficultés à apprendre. C’est là que Daniel Struchen a découvert son talent pour motiver les jeunes ayant besoin d’un encadrement renforcé. Il a ensuite suivi une formation d’accompagnant socioprofessionnel et de coach.
Dans son travail, Daniel Struchen apprécie particulièrement la diversité de ses domaines d’activité. Dans le social, la création d’un lien avec les jeunes adultes, le conseil, l’accompagnement et le job coaching sont au premier plan. En ce qui concerne le produit, selon le mandat, le meunier s’occupe du service à la clientèle, de l’achat de céréales, du développement de nouveaux produits ou de l’assurance qualité. Les moulins se prêtent parfaitement aux projets d’intégration professionnelle, car les jeunes adultes voient à la fin de la journée le résultat de leur travail. De plus, recevoir de la reconnaissance pour ce qu’ils font est important pour eux. Ainsi, ils font aussi des visites guidées du moulin pour la clientèle et sentent qu’ils assument une certaine responsbailité. Pour Daniel Struchen, l’essentiel est de s’orienter selon la volonté des jeunes : il se souvient alors de sa propre jeunesse et de la manière dont il aimait qu’on le traite.