Anne-Claire Fabre – quand une passion devient un métier

La conservatrice des mammifères du Musée d’histoire naturelle de Berne nous parle de ses recherches passionnantes et de ses expériences dans les grands musées européens.

Portraits des collaborateurs Monde du travail
Portrait de Anne-Claire Fabre

TEXTE : ANNELI REINHARD ; IMAGE : LEA MOSER

« C’est ma pièce préférée du musée », dit Anne-Claire Fabre, les yeux brillants. Nous nous trouvons dans le « cabinet des curiosités », où des spécimens d’animaux les plus divers nous observent d’un peu partout. Ce qui de prime abord peut donner la chair de poule est en fait un trésor scientifique : « C’est une chance incroyable que d’avoir accès à ces précieuses collections », explique la conservatrice des mammifères du Musée d’histoire naturelle de Berne. Elle décrit son domaine de prédilection avec enthousiasme.

Une chercheuse née

La carrière d’Anne-Claire Fabre prend racine dans le sud de la France, il y a plusieurs années. Adolescente, elle passait ses étés à fouiller avec des paléontologues. « C’est une sensation incomparable que de déterrer le crâne intact d’un animal vieux de quinze millions d’années », se souvient la chercheuse, qui a ensuite travaillé dans les plus grands musées d’histoire naturelle d’Europe, à Paris, Londres et Berlin.

En 2022, elle rejoint l’équipe du Musée d’histoire naturelle de Berne, où elle est chargée d’entretenir la collection de mammifères et de transmettre leur importance scientifique. Parallèlement, Anne-Claire Fabre enseigne à l’Université de Berne, où elle dirige également une équipe de recherche. « Nous étudions le lien entre le cycle de vie de certaines espèces animales et la biodiversité », explique-t-elle. « J’ai commencé par des études sur les mammifères ; maintenant, je m’intéresse aux amphibiens. »

Un travail important

Dans toutes ses tâches, Anne-Claire Fabre accorde beaucoup d’importance à la mise en place de bases pour la recherche future. « Ce que je préfère, c’est accompagner les étudiants et étudiantes, car je les vois devenir des chercheurs et chercheuses indépendants. C’est ce qu’il y a de plus beau », raconte-t-elle.

Ses travaux de recherche ont également été reconnus au niveau international : au printemps 2024, Anne-Claire Fabre a reçu à Londres la Bicentenary Medal de la très réputée Linnean Society. Cette médaille est l’une des distinctions les plus importantes pour les jeunes chercheurs et chercheuses du monde entier et récompense un travail exceptionnel dans le domaine des sciences naturelles. « J’ai dû lire le message plusieurs fois avant de réaliser », déclare la lauréate en riant et ajoute avec émotion : « C’est une reconnaissance incroyable de mes recherches. »

Or ce qui a valu à Anne-Claire Fabre cette belle distinction, ce n’est pas seulement un travail, mais une réelle passion. Ainsi, on ne s’étonnera pas de la voir observer les animaux qu’elle aime dans son temps libre, lors de randonnées nocturnes et de joggings matinaux.

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