Alishah Amiri et son long chemin jusqu’à Berne

Aujourd’hui, il coud et raccommode des vêtements au Burgerspittel ; en Afghanistan, il dirigeait un atelier de couture réputé qui employait une quinzaine de personnes. Alishah Amiri a vécu bien des choses avant d’arriver en Suisse et il est reconnaissant de l’opportunité que lui offre la Commune bourgeoise de Berne.

Domaine social Monde du travail Portraits des collaborateurs
[Translate to Französisch:] Porträt von Alishah Amiri

TEXT UND BILD: PATRIZIA JAEGGI

La situation politique a contraint Alishah Amiri à fuir l’Afghanistan avec sa femme et ses deux enfants. Victime de plusieurs attaques des talibans, ils conserve des blessures sur le côté gauche de son corps, qui lui rappellent sans cesse la violence qui secoue quotidiennement son pays natal.

Une fuite de plusieurs années qu’on ne peut oublier
Avant d’arriver en Suisse il y a six ans, Alishah Amiri et sa famille ont séjourné en Turquie. Là-bas déjà, cet homme de 50 ans travaillait dans un grand atelier de couture. On remarque tout de suite qu’Alishah Amiri est travailleur. Sa volonté de travailler est si forte qu’il s’est mis à rechercher une occupation pendant sa fuite et s’est réjoui d’en trouver une pendant quelques jours.

Après avoir passé trois ans en Turquie, la famille Amiri a poursuivi son exil. Ils ont tenté une nouvelle fois de rejoindre l’intérieur des terres en passant par la côte grecque en bateau. Mais ils ont été renvoyés à plusieurs reprises. Ce n’est qu’à bord d’un bateau plus petit et doté d’un moteur puissant qu’ils ont réussi à atteindre la côte grecque et ont finalement pu rester en Grèce.

Accompagné de son fils, Alishah Amiri a poursuivi son chemin vers l’Europe centrale. Sa femme et sa fille sont restées chez des amis en Grèce.

Père et fils ont passé d’innombrables nuits sur la route. La plupart du temps à pied ou dans de petits bus. Ce n’est qu’en Autriche qu’ils ont pu acheter des billets de train. Une fois arrivés en Suisse, Alishah Amiri et son fils ont d’abord séjourné au centre d’accueil pour requérants d’asile d’Altstetten, puis à Saint-Gall et enfin à Konolfingen. À peine deux mois après leur arrivée à Konolfingen, la femme et la fille d’Alishah Amiri les ont rejoints en avion.

De nouvelles perspectives en Suisse et au sein de la Commune bourgeoise de Berne
À son arrivée, l’épouse d’Alishah Amiri a immédiatement obtenu un permis F, qui lui confère le statut d’étrangère admise à titre provisoire. « Mon fils et moi avons reçu un refus. » Leur demande a été rejetée parce que la police hongroise avait identifié les deux Afghans pendant leur fuite. Celle de leur fille aussi. Solinetz, une organisation zurichoise qui vient en aide aux personnes réfugiées, a redonné espoir à Alishah Amiri. Grâce au soutien de l’organisation, la famille Amiri a pu obtenir son propre appartement et Alishah a enfin reçu un permis de séjour. Il a ainsi pu s’inscrire dans une école de langues, apprendre l’allemand et chercher du travail.

C’est finalement le directeur de son école de langues qui lui a trouvé un poste au moulin Schönenbühl. Il s’est rapidement pris de passion pour ce travail et a apprécié la collaboration avec ses collègues. Puis, une chose en entraînant une autre, Christine Heller, la supérieure d’Alishah Amiri au SORA, lui a trouvé un poste au Burgerspittel. Depuis début juin, ce tailleur de formation travaille également deux jours par semaine dans le service d’entretien de la Maison des générations. Cet Afghan passe donc plus de cinq jours par semaine à la Commune bourgeoise de Berne. Naturellement, il apprécie tout particulièrement le travail à la machine à coudre, avec du fil et une aiguille. La Commune bourgeoise de Berne a offert à Alishah Amiri un emploi, mais aussi un environnement qui le soutient et une nouvelle chance.

Un avenir en Suisse
Alishah Amiri est particulièrement fier de ses enfants. Tous deux ont désormais terminé leur apprentissage en Suisse ; son fils va bientôt se marier et sa fille vient tout juste d’emménager dans une colocation à Fribourg. Et ce n’est pas tout ! Il y a quatre ans, la famille Amiri s’est agrandie : il ont eu une seconde fille.

Alishah Amiri envisage son avenir en Suisse. « Ici, je n’ai plus peur, je me sens en sécurité, ce qui ne sera pas le cas en Afghanistan avant longtemps. » De nature très serviable, il aime aider les personnes âgées dans la rue et pourrait envisager d’exercer une activité dans le domaine des soins au sein de la Commune bourgeoise de Berne.

top